Quoi planter au jardin en novembre ? Malgré le froid qui s’installe et les journées plus courtes, le jardin n’a pas encore rangé ses outils. Ail, bulbes, fruitiers ou arbustes peuvent rejoindre une terre fraîche, mais non gelée, afin de préparer les récoltes et floraisons du printemps. 

au jardin en novembre

Quels légumes planter au potager en novembre ?

Le choix se resserre par rapport aux travaux du jardin en septembre, sans disparaître pour autant. Dans les régions douces, la plantation de novembre concerne l’ail, l’oignon, l’échalote, certains choux et les poireaux. Ces cultures rustiques apprécient une terre drainée, car l’excès d’eau fait davantage de dégâts que le froid modéré. Dans les zones aux hivers rigoureux, mieux vaut intervenir en début de mois ou installer un voile de protection. 

PlantationMise en terreSol conseilléPrécaution
Ail blanc ou violetPlacer les caïeux pointe vers le haut, à faible profondeurSol léger et bien drainéEn terre lourde, planter sur une petite butte pour évacuer l’eau
OignonInstaller les bulbilles sans les enterrer complètementTerre meuble, propre et peu enrichieÉviter la fumure fraîche, qui favorise les risques de pourriture
ÉchalotePlanter les bulbilles pointe visible, en rangs espacésSol léger, ensoleillé et drainantLimiter l’arrosage lorsque les pluies ont déjà humidifié la parcelle
Chou d’hiverMettre en place les jeunes plants sous climat modéréTerre fertile, profonde et fraîcheBien tasser autour du collet pour éviter que le vent ne déchausse les plants
Poireau tardifRepiquer en rangs pour prolonger les récoltes hivernalesSol meuble, riche et fraisPailler généreusement pour protéger la terre du gel et faciliter l’arrachage

L’ail, l’oignon et l’échalote redoutent surtout l’humidité stagnante. Les choux d’hiver demandent une plantation bien ferme, tandis que les poireaux tardifs apprécient un paillage épais. Ce dernier évite de retrouver une terre dure comme du béton au moment de préparer la soupe.

Que semer en novembre pour récolter plus tôt ?

Les semis de novembre dépendent fortement du climat local. Dans le Midi, sur le littoral ou dans une zone abritée, les pois à grains ronds et les fèves démarrent lentement avant de reprendre leur croissance au printemps. Ailleurs, une serre froide, un tunnel ou un voile épais apporte une sécurité bienvenue. Les graines ne redoutent pas toujours le froid sec, mais elles supportent mal une terre saturée d’eau.

Les petits pois et les fèves

Les petits pois à grains ronds se sèment dans des sillons profonds de 3 à 4 cm, espacés d’environ 30 à 40 cm. Les variétés naines conviennent bien aux petits espaces, tandis que les formes à rame demandent un support posé avant le développement des racines. Les fèves apprécient des sillons plus profonds, proches de 8 cm, dans une parcelle ensoleillée et protégée du vent. Après la levée, un léger buttage consolide les jeunes tiges.

Semer en novembre comporte plusieurs avantages :

  • une récolte plus précoce au printemps ;
  • une pression souvent plus faible des pucerons sur les fèves ;
  • des besoins en arrosage réduits durant l’hiver ;
  • un sol enrichi en azote après la culture des légumineuses.

Les épinards, la mâche et les radis

Les épinards d’hiver trouvent encore leur place sous abri ou dans les régions clémentes. Les variétés Géant d’hiver et Monstrueux de Viroflay supportent bien les jours courts. La mâche préfère une terre fraîche, légèrement tassée et parfois même une zone mi-ombragée. Quant aux radis à cycle court, ils peuvent produire sous serre ou sous voile, à condition de choisir des variétés résistantes au froid. Un semis trop dense donne des racines maigres ; l’éclaircissage reste donc indispensable, même quand les doigts commencent à protester contre la température.

Quels arbres fruitiers planter en novembre ?

Novembre convient particulièrement aux arbres fruitiers à racines nues. Pommiers, poiriers, cognassiers, cerisiers, pruniers, noyers, châtaigniers ou néfliers s’installent lorsque le sol reste meuble. Les racines profitent des pluies et commencent à s’ancrer avant le redémarrage printanier. Un arbre planté à l’automne affronte souvent mieux les premières chaleurs qu’un sujet installé tard au printemps.

Avant la plantation, retirez les racines abîmées, puis pralinez-les dans un mélange de terre fine, d’eau et de compost mûr. Creusez un trou large, ameublissez le fond sans créer de cuvette étanche, puis positionnez le point de greffe au-dessus du niveau du sol. Les gestes pour tailler les arbres fruitiers varient selon l’espèce et la saison ; évitez donc les coupes sévères au moment de la mise en terre. Rebouchez avec la terre extraite et terminez par un arrosage copieux afin de chasser les poches d’air autour des racines. 

Les arbustes à petits fruits méritent aussi une place au jardin en novembre. Cassissiers, groseilliers, caseilliers, noisetiers et myrtilliers s’enracinent bien durant cette période. Le myrtillier demande toutefois une terre acide, légère et riche en matière organique. Dans un sol calcaire, une culture en grand bac rempli de terre de bruyère donne de meilleurs résultats.

Quels arbres et arbustes d’ornement installer ?

Les arbres caducs et les arbustes rustiques supportent bien une plantation automnale. Érables, bouleaux, liquidambars, lilas, forsythias, seringats, rosiers, cornouillers ou amélanchiers peuvent rejoindre une haie, un bosquet ou un massif. Leur feuillage tombe, mais leurs racines restent actives tant que la température du sol demeure assez douce.

Les persistants tels que le houx, le photinia, l’osmanthus, le camélia, le laurier du Portugal ou certains viburnums peuvent encore être plantés au début du mois. Ils réclament davantage de surveillance face au vent froid, car leur feuillage continue de perdre de l’eau. Un paillage épais au pied et un arrosage régulier durant les périodes sèches favorisent leur reprise. Les plantes méditerranéennes fragiles, comme le laurier-rose ou l’agapanthe, attendront une saison plus accueillante dans les régions froides.

Quels bulbes planter en novembre pour le printemps ?

Le jardin de novembre prépare déjà ses couleurs printanières. Tulipes, narcisses, jonquilles, crocus, muscaris, jacinthes, camassias et iphéions se plantent encore tant que la terre reste facile à travailler. Une règle simple consiste à enterrer le bulbe sous deux à trois fois sa hauteur, pointe tournée vers le haut. Dans un sol lourd, un peu de sable grossier sous le bulbe limite l’humidité stagnante.

Pour obtenir un rendu naturel dans une pelouse, dispersez les bulbes à la main puis plantez-les là où ils tombent. Dans les bordures, des groupes irréguliers produisent un résultat plus souple que des lignes trop sages. Les pots conviennent aussi très bien aux petits jardins et aux balcons, avec une couche drainante au fond et un terreau léger.

Comment préparer le sol avant les plantations ?

Une terre bien préparée améliore nettement la reprise. Travaillez-la hors période de gel, retirez les racines d’adventices et incorporez du compost mûr sans excès. Dans les sols argileux, évitez toute intervention après une forte pluie : la terre colle aux outils, se compacte et finit par ressembler à une pâte peu accueillante pour les racines.

Les parcelles laissées libres peuvent recevoir un engrais vert. La vesce d’hiver, parfois associée au seigle ou à l’avoine, couvre le sol et fixe l’azote. La phacélie et la moutarde blanche conviennent surtout dans les secteurs encore doux, car une levée tardive devient incertaine lorsque la température chute. Une couverture de feuilles saines, de paille ou de compost grossier protège aussi la vie du sol contre les pluies battantes.

Quelles précautions prendre face au froid et à l’humidité ?

La réussite dépend moins du calendrier que de l’état réel du terrain. Ne plantez pas dans une terre gelée, détrempée ou collante. Attendez quelques jours après de fortes pluies, surtout dans un sol lourd. Arrosez après la plantation, tassez doucement autour du pied et ajoutez un paillis sans le coller au tronc ni au collet.

Les jeunes légumes bénéficient d’un voile d’hivernage, d’un tunnel ou d’une cloche lors des nuits froides. Aérez les protections pendant les journées douces afin de limiter la condensation et les maladies. Surveillez aussi les limaces, toujours ravies de trouver une salade tendre pendant que le jardinier les croyait parties en vacances.

Novembre prépare déjà les beaux jours

Planter en novembre demande de regarder la météo, de toucher la terre et d’accepter que certaines régions disposent de davantage de possibilités que d’autres. Entre les bulbes, les fruitiers, les arbustes, l’ail et les semis rustiques, le jardin conserve pourtant une activité discrète et prometteuse.

Quelques heures passées dehors durant ce mois froid peuvent faire gagner plusieurs semaines au printemps. Le calendrier continuera ensuite avec les cultures à planter au jardin en janvier, notamment sous abri ou dans les régions au climat doux. Lorsque les premières pousses apparaîtront, les mains boueuses de novembre paraîtront soudain beaucoup plus sympathiques.