Attirer les pollinisateurs dans son jardin est indispensable à la reproduction des plantes et aux récoltes de fruits et légumes. Cependant, ils trouvent de moins en moins de ressources dans les jardins trop ordonnés.

Heureusement qu’on peut transformer un jardin ordinaire en véritable refuge. Quelles plantes privilégier ? Comment aménager des abris ? Quels comportements éviter pour accueillir ces alliés écologiques ?

1. Qui sont les pollinisateurs et pourquoi les accueillir ?

Un pollinisateur transporte le pollen d’une fleur à l’autre, permettant la fécondation des plantes. Sans eux, les pommes, les cerises, les courgettes et les tomates ne pourraient pas se former. Selon l’INRAE, 80 % des plantes à fleurs dépendent de la pollinisation par les insectes.

En France, on dénombre plus de 1 000 espèces d’abeilles sauvages, auxquelles s’ajoutent les bourdons, les papillons, les syrphes, les chrysopes et les coléoptères. Chacun a ses préférences en matière de fleurs et d’habitats. La diversification de votre jardin attire une plus grande variété d’espèces.

PollinisateurPrésence au jardinCe qu’il aime
Abeille domestiqueToute l’annéeFleurs ouvertes, lavande, bourrache, sauge
Abeille solitaireMars – juilletTiges creuses, sol nu, fleurs tubulaires
BourdonFévrier – octobreFleurs profondes, trèfle, digitale, agastache
SyrpheMars – octobreFleurs plates, ombelles, achillée, carotte sauvage
PapillonAvril – septembreBuddleia, valériane, ortie (chenilles), lavande

Un tiers des jardiniers français bénéficient directement de la pollinisation pour leur potager. Attirer les pollinisateurs dans son jardin, c’est aussi améliorer ses récoltes.

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2. Les plantes mellifères : le cœur du jardin à pollinisateurs

Les plantes mellifères produisent du nectar et du pollen accessibles aux insectes. Le choix de ces plantes est la clé d’un jardin pollinisateur réussi. L’objectif est d’assurer une floraison de mars à octobre pour nourrir les pollinisateurs tout au long de leur saison active.

plantes mellifères

Les vivaces et les arbustes incontournables

La lavande est la reine des plantes mellifères. Elle fleurit de juin à août et attire abeilles domestiques, bourdons et papillons en masse. Facile à cultiver, elle supporte bien la sécheresse et le plein soleil.

La sauge (sauge des prés ou ornementale), l’agastache et la cataire complètent parfaitement la lavande avec des floraisons échelonnées de mai à septembre. Leur nectar est particulièrement apprécié des bourdons et des abeilles solitaires.

Pour les floraisons précoces (mars-avril), le romarin, l’hysope et la viorne lancinent la saison. Pour l’automne, le sedum (orpin) et l’échinacée prolongent l’offre de nectar jusqu’en octobre.

Parmi les arbustes, le buddleia (arbre aux papillons) est le plus spectaculaire. Il attire de nombreuses espèces de lépidoptères dès sa première floraison en juillet. Le sureau, le cornouiller et le lilas complètent la haie mellifère de façon échelonnée.

Les fleurs annuelles et les aromatiques au potager

La bourrache est l’une des meilleures plantes annuelles pour les pollinisateurs. Elle fleurit de juin à septembre, se ressème seule et produit un nectar abondant. La phacélie est également très efficace, souvent utilisée comme engrais vert. Elle attire les abeilles sauvages en masse.

Le tournesol, le cosmos et le souci sont trois annuelles faciles à semer qui garantissent une floraison abondante sans effort. Leurs tétines larges et bien visibles attirent les syrphes et les abeilles dès la première année.

Astuce potager : laissez quelques plants de thym, ciboulette, coriandre et aneth monter en fleur plutôt que de les couper systématiquement. Ces aromatiques fleuris attirent des dizaines d’espèces d’abeilles et leurs fleurs sont parmi les plus mellifères du jardin.

3. Aménager des habitats pour abeilles et papillons

Hôtel à insectes et abris naturels

80 % des abeilles sauvages sont dites « terricoles ». Elles nichent dans le sol, dans de petites galeries qu’elles creusent elles-mêmes. Laissez des zones de sol nu ou de sable fin dans un coin ensoleillé pour les accueillir. Cette action est bien plus efficace qu’un hôtel à insectes pour ces espèces.

Les abeilles solitaires arboricoles (osmies, mégachilles) nichent dans des tiges creuses ou des trous dans le bois. Un hôtel à insectes bien posé (orienté plein sud, à 1 m du sol, à l’abri de la pluie) peut accueillir des dizaines d’espèces.

Pour le fabriquer facilement, remplissez une caisse en bois de bambous de différents diamètres (3 à 8 mm), de tiges de sureau vidées et de fagots de brindilles. Placez-le près d’une source de fleurs mellifères pour que les abeilles trouvent nourriture et abri au même endroit.

Les abris naturels sont tout aussi précieux. Un tas de bois mort dans un coin tranquille, des tiges de plantes laissées en place après l’été et un muret de pierres sèches constituent un ensemble d’habitats qui couvre les besoins de nombreuses espèces.

Point d’eau et coin de prairie

L’eau est souvent oubliée dans l’aménagement d’un jardin pollinisateur. Une simple soucoupe remplie de galets et d’eau fraîche permet aux abeilles de s’abreuver sans risque de se noyer. Une mare, même de petite taille, multiplie la biodiversité d’un jardin.

La prairie fleurie est la pratique la plus rapide. Laissez 2 à 3 m² de pelouse sans tondre. En quelques semaines, trèfles, pissenlits et plantains fleurissent et fournissent nectar et pollen. Ce coin non tondu attire les bourdons, les abeilles solitaires et les papillons dès le printemps.

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4. Les gestes à éviter pour protéger les pollinisateurs

Quelques habitudes courantes au jardin nuisent aux pollinisateurs sans qu’on en soit conscient. Les corriger améliore immédiatement les conditions d’accueil dans votre jardin.

  • Les pesticides : les insecticides et les herbicides éliminent les pollinisateurs directement ou détruisent leurs ressources alimentaires. Depuis le 1er janvier 2019, la loi Labbé interdit aux particuliers les produits phytosanitaires chimiques pour l’entretien des espaces verts.
  • Les fleurs doubles : les roses, les pétunias et les géraniums à fleurs doubles sont souvent inaccessibles aux insectes. Leurs pétales supplémentaires bloquent l’accès au nectar et au pollen. Privilégiez systématiquement les variétés à fleurs simples.
  • La tonte trop rase et trop fréquente : les fleurs de trèfle et de pissenlit sont parmi les premières ressources printanières pour les bourdons qui sortent d’hibernation. Couper ces fleurs prive les pollinisateurs d’une nourriture essentielle en début de saison.
  • L’éclairage nocturne : les lumières artificielles la nuit perturbent les insectes nocturnes et désorganisent leur cycle de reproduction. Éteindre les éclairages extérieurs non indispensables est un geste simple et sans coût.

5. Planter pour les papillons : leurs besoins spécifiques

Planter pour les papillons

Les papillons ont deux besoins différents selon leur stade de vie. Les adultes cherchent du nectar pour se nourrir. Les femelles cherchent des plantes hôtes spécifiques pour déposer leurs œufs, dont les chenilles se nourriront.

Pour les adultes, le buddleia, la valériane, l’origan, la lavande et le souci sont très attractifs. Ces plantes produisent un nectar abondant et accessible, particulièrement apprécié des espèces communes comme le paon du jour, la petite tortue et l’aurore.

Pour les chenilles, les plantes hôtes sont irremplaçables. L’ortie est la plus importante, car elle nourrit les chenilles du paon du jour, de la petite tortue et du vulcain. Le fenouil accueille celles du machaon tandis que le trèfle et la luzerne nourrissent les azurés.

Garder un coin d’orties dans un recoin du jardin est la meilleure chose que vous puissiez faire pour les papillons. Sans orties, les chenilles meurent, et sans chenilles, il n’y a pas de papillons adultes.

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